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Coût d’un appel local

Le coût caché des pesticides

thematiques 12 mai 2016

Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

En France, les agriculteurs ont la main lourde sur les pesticides. En 2014, l’emploi de produits phytosanitaires dans nos campagnes est reparti à la hausse, augmentant de 9,4 % en un an. Une saison humide et assez douce ainsi que les prix bas des céréales en seraient la cause, il fallait traiter pour maintenir les rendements et le revenu des exploitations. N’empêche : en 2013, l’augmentation était déjà de 9 % sans considérations climatiques ni effondrement des cours mondiaux. Plus inquiétant, l’usage de molécules suspectées d’être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction humaine accuse une progression de 13 à 22 %. Le lobby des firmes de l’agrochimie et les pressions des grandes coopératives auraient-ils eu raison du plan Écophyto de 2008 qui, lancé à la suite du Grenelle de l’environnement, avait pour ambition de réduire de moitié l’usage des herbicides, fongicides et insecticides d’ici à 2018 ? Avec Écophyto 2, l’objectif a été reporté à 2025. Même si de plus en plus d’agriculteurs choisissent de sortir, non sans succès, de ce modèle pour des raisons de santé, éthiques ou économiques, force est de constater que l’utilisation massive de pesticides reste, avec celle des engrais chimiques, un des piliers de l’agriculture intensive. Et si on faisait fausse route ? Si le coût des pesticides s’avérait bien plus élevé que leurs bénéfices ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre deux chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) en mettant en avant les « externalités négatives » liées à l’emploi des pesticides. Certes, les données analysées dans leur étude portent sur l’agriculture des États-Unis du début des années 1990. Elles ne sont donc pas directement extrapolables aujourd’hui en France, tempèrent les chercheurs. Il n’en demeure pas moins que les coûts cachés du recours massif aux pesticides ne sont pas estimés ou sont sous-évalués. Leurs impacts sur la santé et l’environnement et les mesures prises pour les éviter pèsent nettement plus lourd que les bénéfices que peut en retirer le monde agricole.

Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef wwwquechoisir.org

05/2016

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