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Commerce équitable

thematiques 15 mai 2011

Ce que vous devez savoir pour « acheter équitablement »

LE DOUBLE VISAGE DU COMMERCE EQUITABLE

Si les buts que le commerce équitable poursuit font l’unanimité, les moyens pour y parvenir font l’objet de controverses. En effet, en l’absence de label public, c’est l’organisation internationale FLO [Fairtrade Labelling Organisations International] qui contrôle Max Havelaar France et ses dix-huit homologues nationaux. C’est elle aussi qui fixe les cahiers des charges et décide des critères à respecter pour obtenir le droit d’utiliser son logo.
Depuis fin 2007 et sa certification ISO 65, ses contrôles sont plus fiables. Mais son souci d’augmenter le chiffre des ventes, certes louable, l’amène à être plus ‘’souple’’ sur le respect des critères les plus rigoureux. En effet, concilier les intérêts de grandes entreprises de vente (multinationales ; grande distribution) et ceux des petits producteurs ou des PME très en pointe sur ces questions, n’est pas chose aisée = les hommes d’affaires y voient trop de ‘’social’’ et les associations y voient des exigences en diminution.
L’un des critères fondamentaux est le prix minimum payé aux producteurs. Pour le cacao, le prix est descendu à 2200 dollars la tonne, alors qu’il était vendu entre 2500 et 3500 dollars la tonne sur le marché conventionnel par les petits producteurs. C’est la raison pour laquelle, ces petits cultivateurs demandent à être mieux représentés au niveau décisionnaire chez FLO.
Ils dénoncent également l’influence ‘’d’acteurs puissants’’, peu soucieux de leurs intérêts. Il est vrai que le marché mondial du café, du cacao, est dominé par trois ou quatre géants planétaires.
Autre problème = la question des terres. Dans une coopérative, chacun est propriétaire de sa terre et a voix au chapitre dans la prise de décision ; dans une plantation, le travailleur est salarié. Même si les statuts prévoient que le salarié doit être consulté, il est rare qu’il le soit effectivement. Les plantations sont vastes, souvent très mécanisées et leurs coûts de production sont bas.
Elles font donc concurrence aux petites fermes familiales et risquent d’évincer du marché les petits cultivateurs que précisément le commerce équitable veut défendre.
Un autre problème se pose avec le pourcentage du poids d’origine équitable dans le produit fini. Chez Max Havelaar, il suffit de 50% du poids équitable pour avoir droit au logo, et même de 20% pour l’ingrédient avec lequel le produit est principalement associé. Et ce pourcentage est calculé sur la matière sèche, ce qui diminue le pourcentage total.
Par exemple, un yogourt sucré serait ‘’équitable’’ avec moins de 5% de sucre équitable. Les marques 100% équitables sont de plus en plus l’apanage de distributions spécialisées qui sont eux-mêmes, des importateurs, travaillant en réseau avec de petits producteurs isolés, et les aidant à maintenir cette forme de petite agriculture paysanne respectueuse de l’environnement.
Ces marques se trouvent aussi dans la grande distribution, mais elles sont concurrencées par les marques de distributeurs, aux prix nettement inférieurs. En effet, les exigences véritablement ‘’équitables’’ sont moins rigoureuses en grande distribution, plus opportuniste dans le choix des fournisseurs et peu engagée sur le long terme. Elle n’est pas non plus engagée avec des partenaires locaux, ne mentionnant que le pays (et encore…) d’origine, jamais la coopérative ni le nom de la plantation.
Enfin, les producteurs reçoivent-ils bien un pourcentage du prix total plus élevé qu’en filière conventionnelle ? Cette part est de 6% en filière conventionnelle, mais elle s’élève à 9% chez Andines, 12% chez Alter Eco, 15% chez Ethiquable. Les acteurs du commerce équitable soulignent la qualité supérieure à la moyenne, la taille limitée des exploitations et des entreprises (ce qui empêche les économies d’échelle) et les frais qu’impose la vie d’un point de vente, tous les coûts de fabrication, conditionnement, transport, etc… pour expliquer que leurs produits soient plus chers que ceux vendus en grande distribution dans des quantités qui ne sont pas comparables et qui ont été produits dans des conditions qui, elles non plus, ne sont pas comparables.

MT/05/2011

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